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Institut Supérieur de Formation de l'Enseignement CatholiqueISFEC Aquitaine

ACCUEIL des PROFESSEURS STAGIAIRES 17-18

Jean BIASIORI-POULANGES a accueilli les nouveaux enseignants, au nom des directeurs diocésains, en présence des responsables et services du rectorat qui ont également félicité et largement informé ces lauréats sur les missions qui leur sont confiées.

Rentrée 2017  Telecharger le texte

ACCUEIL INSTITUTIONNEL  DES LAURÉATS CONCOURS

A l’occasion de cette nouvelle année scolaire qui s’ouvre, alors que vous abordez la dernière étape de votre formation initiale d’enseignants, je suis heureux de vous accueillir ici au nom de l’Enseignement Catholique en France, associé au service public de l’Éducation Nationale.

Je ne voudrais pas oublier tout d’abord de vous féliciter chaleureusement : vous avez passé un concours avec succès ; c’est la voie royale pour asseoir une carrière d’enseignant titulaire.

Dans quelques jours maintenant vous prendrez vos nouvelles fonctions dans une école maternelle et primaire, dans un collège, dans un lycée. Vous y serez accueillis par une équipe en place : des collègues, du personnel d’éducation, d’administration et de service, un Chef d’Établissement, un enseignant tuteur. Vous y serez accueilli comme un nouveau collègue, enseignant à part entière : certes vous serez en phase de validation de votre concours mais on attendra de vous que vous vous engagiez dans la vie de la communauté éducative, en vous mettant à l’écoute de ses membres mais aussi en apportant votre point de vue, votre richesse, votre charisme personnel. Vous aurez l’occasion de l’entendre de différentes façons : on enseigne avec ce que l’on est profondément.

Les personnels référents de l’enseignement catholique sont là, eux-aussi, à votre écoute et prêts à vous guider, à vous accompagner, bref à faciliter votre prise de fonction. N’hésitez pas à les solliciter, à les interpeller : ce sont votre Directrice ou votre Directeur Diocésain, les conseillers pédagogiques des directions diocésaines, le Directeur de l’ISFEC, tous les intervenants et formateurs de l’ISFEC, le Chef d’Établissement où vous êtes affectés, votre tuteur, vos collègues. À cette liste il convient d’ajouter les référents du Ministère de l’Éducation Nationale : les personnels de la Direction des Services Départementaux de l’Éducation Nationale et du Rectorat d’Académie, les Inspecteurs pédagogiques.

Rejoignant l’Enseignement Catholique vous rejoignez la mission de Service Public de l’Éducation Nationale auquel l’Enseignement Catholique, porteur de son projet spécifique qu’il vous appartiendra aussi de connaître, est pleinement associé. Cette journée d’accueil aujourd’hui est de ce point de vue, bien symbolique, au sens fort du terme, de cette mission commune et partagée.

Vous prenez votre service dans un contexte marqué par d’importantes et profondes évolutions, quatre ans après la Loi  d’orientation et de programmation pour la refondation de l’École de grandes réformes ont été engagées, de l’école maternelle à l’enseignement supérieur, pour faire évoluer le système éducatif en l’adaptant aux caractéristiques, aux attentes, aux besoins de notre temps, de notre société, des familles d’élèves : nouvelle organisation des cycles, nouveaux programmes, réforme du Collège, mobilisation pour les valeurs de la République. L’Enseignement Catholique, partenaire reconnu et écouté du Ministère de l’Éducation Nationale, n’est pas en reste dans ce travail de recherche avec le chantier du réenchantement de l’école qui l’anime et le mobilise depuis maintenant deux ans : réenchanter le « nous » .... en cherchant à aller plus loin que le seul « vivre ensemble », réenchanter les savoirs ... en refusant de se résigner à leur perte de sens pour trop d‛élèves, réenchanter les possibles .... en redonnant confiance en l‛avenir et en notre capacité d‛agir sur le réel, réenchanter la relation ... en permettant à chacun de se sentir compris, reconnu et utile, réenchanter notre rapport au monde... en développant une culture de l‛engagement et de la responsabilité. C’est le propre du milieu de l’Éducation Nationale de rechercher, de travailler au sens fort du terme - le travail de la force chère aux physiciens ou encore le travail d’enfantement : oui, ce qui le caractérise, c’est bien de se remettre en cause, de se réformer sans cesse, pour coller toujours mieux au terrain. C’est la vie qui le pousse ainsi. On pourrait appliquer à l’Éducation les vers connus de Boileau : « Sans perdre courage, vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage, polissez-le sans cesse et le repolissez. Ajoutez quelquefois, et souvent effacez. »

Notre mission est belle et ambitieuse, plus ambitieuse qu’il n’y paraît à première vue, faites-la vôtre dans ce qu’elle est, et animez-la, vous aussi. Donner des clés, transmettre des connaissances mais pas que… Transmettre tout court, transmettre de l’humanitude et vous savez qu’on transmet comme on transpire, on transmet ce que l’on est. Bien au-delà de tout cela, développer le sens de la citoyenneté, éveiller le jugement critique, orienter à la création, donner le sens de la relation à l’autre par le dialogue et la rencontre en vérité, ouvrir à la réflexion et à l’intériorité. Tels sont quelques-uns des défis qui nous sont proposés, hors desquels nos établissements scolaires ne seraient que des lieux d’un bachotage stérile. Au-delà des apports disciplinaires, il y a la culture, les compétences à mettre en œuvre, l’épanouissement personnel qu’elles symbolisent, les capacités créatives qu’elles génèrent. C’est bien sûr tout le jeu de l’interdisciplinarité et de la transdisciplinarité qu’il nous faut sans cesse convoquer pour donner tout leur sens à nos enseignements.

 

En guise de conclusion, je voudrais ajouter à mon propos quelques points rapides que je lance sous forme de flashes mais que vous aurez l’occasion d’éprouver et d’approfondir, lors de votre formation. Il y en quatre :

 

Ayez bien conscience que vous avez à travailler au sein d’une communauté éducative, et même, cette année, au sein de deux communautés éducatives : celle de l’ISFEC et celle de l’établissement où vous êtes affecté. Vous n’êtes pas un enseignant isolé, prestataire de service chargé d’une discipline : vous exercez en lien avec des personnels d’éducation, d’administration et de service. Vous êtes forcément en contact et en responsabilité éducative avec des parents d’élèves qui, en leur qualité d’éducateurs premiers de leurs enfants, sont partie-prenante du travail éducatif, vous êtes en lien avec des collègues enseignants avec qui vous faites équipe et, bien évidemment, vous êtes reliés à vos élèves. L’enseignement n’a rien de radiophonique : il ne se réduit pas à un enseignant qui serait le poste émetteur et à un élève qui, avec sa famille, serait le poste récepteur : l’information, la formation passe dans les deux sens.
Vos élèves, vous aurez sans doute à les évaluer, on disait autrefois à leur donner des notes : faites cela avec le souci de les faire grandir, de les motiver. Quand on enseigne on s’adresse à l’imaginaire de l’enfant, on lui donne envie de se projeter, de devenir meilleur. Faites comme si vous aviez à dire à vos élèves : ce que je sais de toi, c’est ce qui m’empêche de te connaître. Tu vaux bien mieux que la note que je te donne ; cette note c’est comme un défi à dépasser. Souvenez-vous qu’avec un regard sur l’autre, on peut l’enfermer dans ses plus petites appartenances mais aussi on peut le mettre en selle, lui donner confiance, l’amener à se surpasser. Apprendre à risquer l’inattendu de la personne.
Gardez vis à vis de vos élèves une vraie posture d’enseignant, celle qui ménage une juste distance. Vos élèves n’ont pas besoin de voir en vous des grands frères ou des grandes sœurs, ni mêmes des copains. Et vous n’avez pas besoin de faire de vos classes un parterre d’admirateurs.
La mission d’enseignant implique que l’on cultive la nécessité et le goût de se former toute sa vie. Maudit soit le jour où vous vous sentirez définitivement formé ! Ce jour-là vous serez fichu ! Vous pouvez très bien posséder toutes les connaissances disciplinaires liées à votre métier, il vous faudra sans cesse travailler la façon de permettre à des enfants et à des jeunes de se les approprier pour construire leur personnalité, leur propre génie.

Voilà, sur ces quelques réflexions, ces quelques constats et ces quelques convictions, il ne me reste plus qu’à vous souhaiter une très belle année scolaire 2017-2018 et, au-delà, un beau parcours professionnel pour les décennies à venir.

Jean BIASIORI-POULANGES 

 

 

 

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